EMI.

16 06 2011

Les NDE (Near Death Experience)

Par Eric Raulet

Un accident ou un coma, et leur vie a basculé. Ils seraient des millions dans le monde à avoir entrevu ce qu’il y a après la mort. Pure hallucination ? À voir…

« Je me rappelle avoir crié “Je ne veux pas mourir !”, de toutes mes forces, mais cela ne fut pas entendu. Aussitôt un bruit de fer amplifié me parvint, désagréable. » Le 12 janvier 1961, Solange est en clinique pour donner naissance à son deuxième enfant. Mais l’accouchement prend une tournure inexplicable. « Déjà, je me retrouvais plus vivante que jamais, légère. Je parcourais la salle, regardais, indifférente, mon corps et les médecins qui s’affairaient autour. Les murs s’éloignaient. Tout était plus lumineux. Attirée par une force toute puissante, à une vitesse incomparable, comme aimantée mais sans vertiges, je m’engageais dans un tunnel étroit, sombre ».

Ainsi débute l’un des plus émouvants et des plus complets témoignages d’expérience aux frontières de la mort, ou EFM (*), que nous ayons pu collecter. Mais redonnons la parole à Solange. Pas très à l’aise, elle se sent avancer, toujours très vite. Un point lumineux apparaît. « J’allais vers lui. Il devenait de plus en plus grand, de plus en plus lumineux ; il m’attirait. Et voilà que la lumière m’apparut comme un gigantesque soleil. J’entendis prononcer mon nom, puis mon grand-père se trouva auprès de moi. Il était radieux. Il me dit : “Viens”. Aussitôt une camarade de classe, qui nous avait quittée à dix ans s’approcha. Elle était belle, lumineuse resplendissante d’amour ; elle m’encouragea. Alors, je pénétrais dans cet océan de lumière, et là, il n’y a pas de mot. Je recevais toujours plus d’énergie, toujours plus d’amour, une communion telle, que je devenais lumière, amour, énergie toute puissante. »

La lumière se fait encore plus intense, et elle l’invite à regarder sa vie. Solange ressent une énergie qui se surmultiplie, un bien-être virant au bonheur sans limite. Et puis cette incroyable sensation. « Voilà que je suis dans une compréhension si grande que je deviens le Tout, que je sais Tout, et que de plus, cela est simple, facile à comprendre. Je suis cette Connaissance. Je veux la garder en mémoire ». Moment merveilleux mais fugace. « Je vois qu’elle me quitte, qu’elle m’est ôtée. Je resterai toujours nostalgique de ce savoir ; j’ai su, et je ne sais plus. Je regardais de tous côtés. Je cherchais le temps. Il n’y avait pas de temps dans cette réalité ; le temps n’existait pas. ».

« J’émis un désir, un désir de liberté de mouvement ; alors la lumière pleine d’amour me regarda, me demanda « Veux-tu revenir sur la terre » ? Elle me montra quelques passages de ma vie future ici, et me demanda si cela ne serait pas trop difficile. C’était de grandes épreuves. Remplie d’une telle puissance d’énergie et d’amour, je dis « oui ». C’était un choix. Il y a 43 ans maintenant, que j’ai vécu cette expérience. Elle est toujours aussi présente en moi, et rien ne peut l’effacer ou l’atténuer. » Un cas exceptionnel, Solange ? Nullement. Depuis les années 70 et la popularisation des EFM par le médecin américain Raymond Moody, des témoignages ont été rapportés sous toutes les latitudes et dans les circonstances les plus variées : accouchement, arrêt cardiaque, électrocution, hémorragie cérébrale, noyade, asphyxie, complications lors d’une opération chirurgicale, tentative de suicide, etc.

Aux Etats-Unis, 30 % des personnes réanimées ont partagé cette expérience, affirmaient les premiers chercheurs américains dont le cardiologue Michael Sabom. Dans ce même pays, un sondage en 1988 estimait le nombre de témoins d’EFM à 8 millions. En 2001, une étude médicale menée aux Pays-Bas a ramené la fréquence de ces expériences à 12 %. Sans doute ces données sont-elles encore sous-estimées. En effet, nombres de témoins choisissent de taire leur expérience, incapables de traduire son contenu et l’émotion qu’elle a fait naître. Certains s’essayent à en parler autour d’eux, généralement à l’hôpital. Devant l’accueil sceptique du personnel et de leurs proches, ils restent silencieux. En moyenne, les témoins d’EFM mettent cinq à dix ans pour exprimer une première fois leur vécu. Certains n’en diront jamais un mot.

Qu’ont donc expérimenté ces « millions » de personnes ? Une incursion dans l’Au-delà ? Telle était la conviction de Raymond Moody, désormais partagée par une majorité de ceux qui l’ont vécu. Curieusement, pourtant, l’Église catholique regarde avec défiance ce phénomène qu’elle n’a jamais cherché à utiliser comme l’attestation d’une vie après la mort. Par ailleurs, médecins et scientifiques s’interdisent d’y voir une manifestation surnaturelle. Et c’est bien normal car la science, avec les critères de vérité qui lui sont propres, n’est pas « outillée » pour s’attaquer à la question de l’Au-delà.

Cela n’a pas empêché les études scientifiques de se succéder, à mesure que les témoignages d’EFM se faisaient eux-mêmes plus nombreux grâce aux progrès des techniques de réanimation. Hélas, il n’est pas facile de les comparer car elles ne définissent pas toutes, de façon identique, ce qu’est une EFM. Néanmoins, quelle que soit l’éducation, la culture, l’origine sociale ou l’âge des témoins (les enfants aussi vivent des EFM), les expériences sont décrites suivant un certain nombre d’étapes. Cinq d’entre elles, toutes présentes dans le récit de Solange, reviennent fréquemment mais rarement ensembles : la sortie hors du corps, l’aspiration dans un tunnel, l’immersion dans une lumière où a lieu la rencontre d’êtres connus ou non , et enfin le retour douloureux dans le corps (voir l’ensemble des photos de cet article).

Pour l’écrasante majorité des médecins et spécialistes, pas de doutes : l’explication est à rechercher du côté du cerveau. Lorsqu’il est confronté à la perspective de sa propre fin, notre noble organe se mettrait à dysfonctionner, engendrant une batterie d’hallucinations. En 2002, la découverte d’un neurologue de l’hôpital de Genève a conforté cette hypothèse. En diffusant par hasard un faible courant électrique dans le cortex temporal d’une patiente atteinte d’épilepsie (voir dessin ci-XXX), le Dr Olaf Blanke a fait naître chez cette personne des sensations de sortie du corps ; elle se voyait comme flottant deux mètres au-dessus d’elle-même.

Avant lui, le psychiatre Karl Jansen, de l’hôpital Maudsley de Londres, avait constaté que des injections intraveineuses de kétamine -un médicament classé comme stupéfiant- permettait de provoquer artificiellement les étapes d’une EFM. Or la kétamine modifie le fonctionnement « normal » de certains neurones et active à leur surface des récepteurs, dits récepteurs NMDA, susceptibles de faire halluciner. Toutefois, écrit Jansen, cette hypothèse n’a pas la prétention de valoir pour toutes les EFM et elle n’est pas incompatible avec d’autres théories.

En fait, les spécialistes des neurosciences reconnaissent qu’ils ne savent pas expliquer les EFM dans le détail… mais que c’est le cas de beaucoup de phénomènes liés au cerveau ! Néanmoins, dans cette tâche, il leur faudra prendre en considération de troublants constats enregistrés par certains de leurs collègues.

En 2001, le cardiologue néerlandais Pim Van Lommel a publié une enquête retentissante dans The Lancet, l’une des plus grandes revues médicales au monde. Après dix ans d’enquête dans dix hôpitaux néerlandais sur 355 personnes en état de mort clinique -ni respiration ni pouls-, il constate que les témoignages d’EFM sont rares (12 %). Et que cette rareté pose problème : pourquoi, s’il s’agit de la réaction « normale » d’un cerveau menacé, n’y a-t-il pas plus de patients à en témoigner ?

Dans le cours de son étude, il tombe sur des récits incompréhensibles. Comme celui de cet homme de 44 ans, inerte, en état de mort clinique, dont la réanimation commence dans une ambulance. Pour lui glisser un tube respiratoire dans la gorge, une infirmière lui retire son dentier. Après une heure et demi d’efforts, le malade revient à la vie. Une semaine plus tard, l’infirmière le visite et… surprise ! Le voilà qui la reconnaît, lui réclame son dentier, décrit avec précision l’intérieur de l’ambulance, puis la petite salle de réanimation. Comme s’il s’était vu de dessus pendant tout ce temps où il était inconscient !

Autre cas, plus troublant encore, rapporté par Michael Sabom : une jeune Américaine opérée du cerveau et dont l’électro-encéphalogramme devient soudainement plat, ce qui traduit une totale absence d’activité électrique du cerveau. Et pourtant, ranimée, elle racontera avoir vécu une intense EFM alors que c’est théoriquement impossible avec un cerveau HS !

On ne s’étonnera donc pas que Pim Van Lommel écrive dans ses conclusions : « L’idée, soutenue jusqu’à présent mais jamais démontrée, que la conscience et la mémoire sont situées dans le cerveau doit être discutée ». En clair, si notre esprit a besoin de notre cerveau pour exister, il ne se réduit pas à cela -ce qu’il serait bien hâtif d’interpréter comme le signe de l’existence de l’âme.

Il n’est pas le seul à défendre cette position : en 2001, Sam Parnia, médecin à l’hôpital général de Southampton (Angleterre) publie, en association avec son collègue Peter Fenwick, une étude sur les EFM aux Royaume-Uni. Et lui aussi de constater : « Certains patients semblent avoir obtenu des informations durant leur période d’inconscience. Dans ce cas, cela suggérerait qu’une partie de la conscience humaine soit capable de se séparer du corps et d’obtenir des informations à distance. » Une idée assez décapante… mais que Parnia manie avec des pincettes : « Il n’est pas exclu que les informations rapportées aient pu être obtenues par le biais de sources sensorielles tout à fait ordinaires ».

En 1997, une enquête dirigée par Kenneth Ring, professeur de psychologie à l’Université du Connecticut (Etats-Unis) a rendu un peu plus brumeuse la question des EFM. Elle a été conduite auprès de personnes aveugles, parmi lesquelles plusieurs aveugles de naissance, ayant subi une réanimation. Certains d’entre elles affirment avoir vécu une EFM et se remémorent leur sortie hors du corps ainsi que la « vision » de leur réanimation avec de nombreux détails. Comment un aveugle peut-il affirmer avoir vu ? En fait, les choses ne sont pas si simples, comme l’exprime l’un des sujets : « Ce n’était pas visuel. C’était presque comme quelque chose de tactile, sauf qu’il était évidemment tout à fait impossible que je puisse toucher quoi que ce soit depuis là-haut. Je percevais tout cela dans mon esprit ». Et Kenneth Ring de postuler que ces aveugles, comme toute personne vivant une EFM, ont vécu un mystérieux état de conscience, le mindsight -littéralement, « vue de l’esprit »-, qui leur a permis de voir le monde tout à fait différemment.

Mais la palme de la découverte la plus troublante réside dans le fait que ces expériences peuvent être vécues sans proximité avec la mort, à l’occasion par exemple d’un état de relaxation (repos, communion avec la nature, yoga, etc.) Les « EFM » ne seraient alors plus des EFM… à un « détail » près : seuls ceux qui ont frôlé la mort voient leur existence bouleversée. En effet, au fil des années, leurs valeurs vont alors vers l’altruisme, l’aide à autrui. La mort n’est plus du tout redoutée. Et la vie est considérée comme une valeur sacrée à laquelle il ne faut pas mettre un terme, même si beaucoup aspirent à retrouver cette « dimension » dans laquelle ils furent plongés un bref instant. Ce sentiment est partagé par les personnes ayant vécu une EFM après une tentative de suicide ; dans leur majorité, elles ne récidivent pas.

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(*) Nous préférons parler d’ « expérience aux frontières de la mort » plutôt que d’ « expérience de mort imminente », expression plus souvent utilisées mais mauvaise traduction de l’anglais Near-death experience.



Esprit et matière.

15 06 2011

Vendredi 10 Juin 2011 / Par Morvan Salez Partager

Esprit et matière : Du quantique plein la tête

Le flou quantique est-il en train de brouiller la frontière qui semblait pourtant étanche entre science physique et parapsychologie ? La physique quantique pourrait être à même de fournir un cadre explicatif aux résultats enregistrés depuis plusieurs décennies.


© Ben Heine’s

En physique quantique, les équations décrivent un univers de possibilités latentes qui ne se sont pas encore manifestées dans le monde sensible. Selon l’interprétation la plus consensuelle, les caractéristiques de l’objet réel ne « naissent » qu’une fois réalisées les mesures permettant de les mettre en évidence. Autrement dit, l’objet réel reste suspendu dans un flou de potentialités tant que personne n’a décidé de le voir, le toucher, le mesurer. L’expérience sensible – d’un expérimentateur qui regarde un cadran d’appareil dans un laboratoire, ou de quiconque interagit avec son environnement grâce à ses sens – « force » l’univers, par nature riche de potentialités mais hésitant, à se décider.

De nombreux objets quantiques, en électronique par exemple, manifestent ces superpositions d’états dans lesquels l’objet reste tant qu’une mesure n’est pas effectuée. Cet indéterminisme intrinsèque ouvre de passionnantes perspectives.

Des systèmes sensibles à l’influence psychique ?

En effet, on peut imaginer que des systèmes en état quantique, pouvant basculer dans un niveau ou dans l’autre, seront très sensibles à toute perturbation extérieure. Cette perturbation pourrait-elle être d’origine psychique ? Ceci reste une hypothèse à démontrer, mais elle est accréditée par de nombreux témoignages et par des études scientifiques menées avec grande rigueur sur la psychokinèse .(1) Il est intéressant de constater qu’en matière de recherches parapsychologiques, un nombre croissant d’expériences utilise justement des systèmes foncièrement aléatoires, afin de mettre en évidence de façon claire et statistiquement analysable, des effets mesurables de l’intention. Sont utilisés par exemple des générateurs de nombres aléatoires (GNA), ou des sources radioactives.(2) Dans les années 30, lorsque Joseph Rhine étudiait à l’université de Duke la perception extra-sensorielle (ESP) en faisant lancer des dés par une machine, une étude sur la contrepartie PK – le sujet « devinant » le résultat des lancers pouvait-il aussi « influencer » ce résultat à son insu ? – portant sur 500 000 essais, sembla concluante.(3) La nature fondamentalement indéterministe d’un système quantique, suspendu dans la superposition de ses potentialités, avec pour chacune une probabilité de se produire qu’on peut calculer, le rend tout désigné pour ce type d’expérience. A telle enseigne d’ailleurs que plusieurs entreprises high-tech (4) impliquées dans les télécommunications ou les interfaces homme-machine, ont subventionné des recherches sur l’influence mentale sur des composants électroniques de type GNA, depuis plusieurs décennies. Ce type de recherche a été spectaculairement développé par Robert Jahn et ses collègues du Princeton Engineering Anomalies Research (PEAR) (5).

Science physique et parapsychologie : vers un rapprochement ?

Lorsque de grands physiciens comme Wigner, Wheeler ou Jordan, n’excluent pas que l’esprit humain (ou de tout observateur conscient) puisse décider le système à « choisir » lors du passage de l’état quantique à l’état classique, il faudrait porter des oeillères pour ne pas voir la convergence avec les études expérimentales sur la psychokinèse. Comme le dit Arthur Koestler, on a vu, au cours du vingtième siècle, dans un mouvement symétrique, la physique orthodoxe « s’encanailler » et la parapsychologie devenir « une dame respectable»(6). La rencontre n’a pas encore eu lieu – du moins, pas sur la place publique. Mais cela pourrait changer bientôt. A ce propos, le physicien Olivier Costa de Beauregard rappelle que « bon nombre des Pères Fondateurs de la physique (Copernic, Kepler, Newton, Hooke, Boyle, Pauli, et d’autres) étaient bien plus guidés par leur intuition et ouverts à l’exploration de phénomènes défiant le sens commun que ne les décrit le courant « rationaliste ». De leur côté, les Pères Fondateurs de la parapsychologie moderne, comptaient dans leurs rangs des chercheurs illustres comme Barrett, W. James, Bergson, Mc Dougall, Richet, Thomson,Jung – ce qui n’est pas à prendre à la légère. » La liste des premiers présidents de la Society for Psychical Research (SPR) britannique est instructive à cet égard ; on y trouve de grands noms de la science de l’époque, dont trois prix Nobel. Ailleurs et depuis, d’autres grands scientifiques dont des Prix Nobel de physique se sont aussi tournés vers des recherches sur les phénomènes psi. Il est temps d’abolir le schisme simpliste et stérile entre parapsychologie et physique dite « respectable ». Rupert Sheldrake, Dick Bierman et Dean Radin, pour ne citer qu’eux, ont montré que les expériences de parapsychologie peuvent être beaucoup plus rigoureuses – menées en double aveugle, sur un très grand nombre d’itérations, avec analyses statistiques poussées – et mieux protégées de la fraude et de l’erreur d’interprétation que nombre d’expériences de la science « mainstream » publiées dans les journaux à comité de lecture les plus « respectables ».

Du quantique plein la tête

S’il s’avérait que le mental peut influer sur le résultat d’un processus de nature aléatoire, alors un système maintenu dans une superposition d’états quantiques y serait plutôt sensible. C’est la même idée qui fait dire dès les années 50 au neurologue et Prix Nobel de médecine John Eccles, que le comportement quantique du processus d’exocytose – le transport des neurotransmetteurs – dans les synapses, en fait le lieu idéal pour être sensible à l’intention. Autrement dit, notre volonté et notre libre arbitre s’insèreraient dans le réel à cet endroit précis, dans les synapses du néocortex, du fait du caractère quantique de leur fonctionnement. A bien y regarder, le libre-arbitre est-il autre chose qu’un état métastable, susceptible face à une décision, de basculer d’un côté comme de l’autre, à l’image des systèmes quantiques ? Si un tel fonctionnement était avéré – et la biologie s’intéresse de plus en plus aux phénomènes quantiques à l’oeuvre dans le Vivant – la PK serait en amont dans chacun de nos gestes : lorsque nous décidons de déplacer la souris ou de frôler le pied d’une dame sous la table, cette intention se traduirait, dans le néo-cortex par un phénomène quantique initiant cette action au niveau des synapses. Le cerveau, dans ce modèle, n’est plus une machine à produire, mais à détecter de la pensée. D’autres théories ont certes été proposées pour tenter d’expliquer l’interaction du mental avec le monde physique ; toutes ne font pas appel à la physique quantique. Mais perception extra-sensorielle et PK y sont souvent les deux faces, l’une passive, l’autre active, d’une même capacité pour l’esprit de « se brancher » sur le réel de la matière et de l’espace-temps, selon des lois acausales et non locales qui ressemblent fort aux spécificités de la théorie quantique. Par-delà ses implications philosophiques, l’hypothèse mérite d’être prise au sérieux. Ce type d’interactions esprit-matière survenant au niveau quantique représenterait en effet à la fois un handicap pour certaines applications (qu’il faudrait « filtrer » et « blinder » des influences mentales parasites), et une mine d’or pour en développer de nouvelles, en particulier des systèmes technologiques contrôlés ou assistés par la pensée. Science-fiction ?

Selon Jahn, un système vivant, complexe et fortement non-linéaire, pour lequel de petites perturbations peuvent avoir d’énormes répercussions (par amplification et autoduplication), devrait se prêter à merveille à ce type d’études. C’est ce que semblent montrer les récentes expériences de PK ciblant des systèmes biologiques (« bio-PK ») : les déviations enregistrées par rapport à un comportement purement aléatoire, sous l’influence psi, sont statistiquement – et parfois spectaculairement – significatives. On en a réalisé sur des bactéries, champignons, algues, souris, fourmis, et même êtres humains. Ces développements ouvrent des perspectives immenses pour comprendre les processus d’autoguérison inexpliquée, les modifications d’état de santé attribuées à l’autosuggestion, aux guérisseurs, à des saints, à des cérémonies religieuses collectives, ou à des pratiques vaudou et de sorcellerie dans de nombreuses cultures.

Esprit et matière : l’énigme reste entière

Le questionnement sur la nature de la conscience retrouve alors toute sa pertinence. Il avait été évacué par les physiciens classiques. Les conceptions matérialistes et « monistes » sur la conscience dans lesquelles celle-ci n’est qu’un épiphénomène de l’activité physicochimique cérébrale, sont aujourd’hui encore très en vogue. Elles ont solidement ancré dans notre société l’idée – probablement simpliste et fausse – que notre conscience et notre libre arbitre ne sont que des illusions. Cette vision exclut bien entendu les phénomènes psi de type télépathie, précognition ou remote viewing impliquant de la non localité dans le temps et l’espace, ou les expériences « spirituelles » de mort imminente, les sorties du corps et d’autres états modifiés de conscience rapportés dans toutes les cultures du monde et à travers les âges, dans lesquelles la perspective est renversée : la réalité première est bien du côté de l’âme, et non plus du côté du monde « matériel » qui apparaît comme un gigantesque spectacle : une vaste scène avec des décors, et un scénario – mais avec ce qu’il faut de malléabilité, d’indétermination, pour qu’il nous surprenne, pour que l’on puisse s’y exprimer, improviser, jouer avec. Du théâtre quantique, en quelque sorte. Never mind…

(1) Dean Radin, Entangled Minds, Paraview Pocket Books 2006 et le site de l’IMI : www.metapsychique.org
(2) Le physicien Helmut Schmidt, dansles années 70, a utilisé une source radioactive (en l’occurrence du strontium 90), pour mesurer des effets d’origine psychokinétique.
(3) Elle ne fut publiée qu’en 1943. On doit l’idée de remplacer le lancer de dés par un processus physique naturellement aléatoire à Beloff et Evans (1961) puis à Chauvin et Genton (1965).
(4) Bell Labs, Sony Labs, Boeing, NASA
(5) Brenda Dunne et Robert Jahn, Aux frontières du paranormal, Editions du Rocher, 1991.
(6) Arthur Koestler les racines du hasard, Calmann-Levy, 1972



Synchronicité.

15 06 2011

Lundi 06 Juin 2011 / Par Virginie Gomez Partager

Et si les coïncidences avaient un sens ?

Notre monde fourmille de coïncidences qui peuvent être frappantes. Carl Gustav Jung a défini la synchronicité comme une coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue. Quel est donc le sens de ce lien, qui ordonne la matière comme une danse, sans logique apparente ?

Nous pensons généralement en termes de causalité formelle : parce qu’il y a du soleil, j’ai chaud. La physique classique, dont le discours sous-tend notre vision du monde, fonctionne selon ce principe. A produit B. En marge de cette causalité règne un hasard aveugle, émaillé de coïncidences, qui peuvent être frappantes. Nous ne nous y attardons pas, pensant qu’elles sont forcément fortuites. Mais il existe dans la nature un autre type de relation, synchrone et acausal, mis en évidence par la physique quantique. Ce lien qui ordonne la matière comme une danse, il n’a pas de logique, mais il produit de l’harmonie.

Avec la notion de synchronicité, Carl Jung élabore la même affirmation sur le plan psychique. Jung définit la synchronicité comme « coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue». Une image inconsciente pénètre la conscience - sous forme d’idée, de symbole, de rêve ou de prémonition - et une situation objective coïncide avec ce contenu. C’est l’observateur qui confère une valeur à la synchronicité. Elle est plus qu’une coïncidence. Elle va bien au-delà du pur hasard et révèle un fonctionnement global où matière et psyché sont deux faces d’une même réalité.

L’exemple classique présenté par Carl Jung est celui d’une patiente aux prises avec un blocage rationalisant, dont l’analyse patine. Elle lui raconte un rêve dans lequel elle reçoit un scarabée d’or. Soudain, un bruit à la fenêtre. Jung va voir : « Le voilà votre scarabée » dit-il, attrapant l’insecte qui vient de se cogner contre la vitre. Il s’agit d’une cétoine dorée, version européenne du scarabée d’or. Le carcan rationaliste de la patiente vole en éclat, elle peut avancer dans son analyse. La synchronicité nous surprend, nous saisit. Elle peut fournir l’impulsion à un changement nécessaire. Ce type d’exemples abonde en clinique. Certains auteurs ont fait de la notion de synchronicité un pilier de leur approche de l’existence. Ils invitent les lecteurs à en tenir compte dans leur vie quotidienne, à s’en servir de boussole, des résonances indiquant que nous sommes « en phase » avec notre destin. Sans tomber dans le piège de la pensée magique qui consiste à croire que parce que l’on a pensé quelque chose, cette chose s’est produite, nous pouvons enrichir notre approche de l’existence.

Enfin, la synchronicité est à la source de nombreuses créations artistiques. Elles sont parfois plus que de simples produits de l’imaginaire. Le créateur de Corto Maltese Hugo Pratt (3) en avait fait un art de vivre. Les synchronicités venaient enrichir son œuvre et se répercutaient aussi sur sa vie, de telle sorte que réel et imaginaire se chevauchaient sans cesse.

L’émergence de synchroncités est courante au cours des processus thérapeutiques.
Voici un exemple relaté par le psychanalyste Pierre Solié dans La synchronicité, l’âme et la science :

Des confrères lui adressent un jour Laure, 24 ans, étudiante en psychologie, dépressive. Sa mère est morte 9 ans plus tôt, et son père absent. A l’époque où Laure devient sa patiente, Pierre Solié est lui-même en plongée « dans l’archétype de la Grande Mère et de ses fils – et filles – amants. Sa propre mère est morte lorsqu’il avait onze ans, raison pour laquelle il accepte de vivre avec Laure le deuil pathologique de sa mère. Au bout de la troisième séance, Pierre Solié se rend compte que Laure a besoin de se construire, grâce au Livre des morts tibétain et à celui des Egyptiens, un imaginal de la vie après la mort, « que lui avait radicalement interdites et ses études « sèches » de psychologie, et ses rencontres avec les thérapeutes antérieurs niant toute réalité au monde des Images-archétypes. »

Avec son thérapeute, elle se livre à ce travail de construction, qui se poursuit par la reconstitution de l’appartement de son enfance… tout proche de celui que Pierre Solié habitait à la même époque. Quelque temps plus tard, elle lui apprend que son village natal est aussi celui de ses ancêtres ! Ce qu’il vérifia grâce à des documents qu’elle lui fournit.

« Nous voici donc avec Laure en présence de trois niveaux, trois stades, trois nœuds de la mémoire(…) entrant en interférence, en coïncidence de phase avec les miens » écrit Pierre Solié. Un nœud mémorial commun à l’humanité entière, l’imaginal égyptien de la mort, primordial à l’époque pour le thérapeute et sa patiente, en lien avec le décès de leur mère ; un nœud mémorial de lignage, « celui des ancêtre qui l’enracinait dans la même terre d’origine que la mienne » ; et enfin « un nœud mémorial individuel, celui de son propre lieu de naissance, proche de mon appartement à l’époque la plus significativement dramatique de sa vie ».

Et Pierre Solié de conclure : « Etranges coïncidences à travers l’espace et le temps. Etranges « connexions acausales » qui font sens – ô combien – pour Laure et pour moi… »

La synchronicité de la rose

Dans Le désir d’être inutile, Hugo Pratt relate cette synchronicité qui le marqua profondément : « alors que les alchimistes recherchent la rosa alchemica, j’ai fait l’expérience de la rose qui venait à ma rencontre. Pendant mon séjour en Argentine, j’étais allé dans une petite station balnéaire au bord de l’Atlantique. C’était le mois de juin- et donc pour l’hémisphère sud, l’hiver. La ville, surpeuplée en été, était déserte. Les vitrines des boutiques étaient recouvertes de panneaux de bois, le sable envahissait les rues. J’aime me promener dans les villes désertes, et j’étais donc content de cette relation privilégiée. J’habitais seul dans une petite maison que j’avais louée. Un matin, en sortant, je trouve une rose accrochée dans le grillage autour de la maison. D’où pouvait venir cette rose ? Est-ce que quelqu’un l’avait mise là à mon attention ? Mais il n’y avait personne dans les environs… Cette rose reste pour moi un mystère. »

La rosa alchemica réapparait dans Les Scorpions du désert. C’est le titre du livre de William Butler Yeats que lit le personnage Judditah Canaan. Un traître assassinera la jeune fille en lui offrant un bouquet de roses empoisonnées.

Plus tard, Hugo Pratt s’est rendu sur la tombe de Yeats en Irlande. Une personne dans une taverne près de Dublin lui a lancé : « Hugo Pratt ? – Oui – Vous venez pour Yeats ? ». C’était bien le cas. Et une autre qu’il ne connaissait pas lui a dit, alors qu’il se tenait près de la tombe du poète, à Drumcliff: « Comment ça va ? Ca fait longtemps qu’on ne s’est pas vu. » Le transfert entre Yeats et Pratt s’était effectué, comme il y a un transfert permanent entre Pratt et son héros Corto Maltese.

 

 

 

Bien sur, nous sommes dans le monde des suppositions avec cet article,lorsque j'étais malade,j'en étais persuadée.Aujourd'hui, je m'octroie encore le droit de l'espoir de la découverte prochaine de lois mathématiques capables d'expliquer ce genre de phénomènes.

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Espérance.

14 06 2011

.Emergence spirituelle (urgence spirituelle)  Toutes deux dont des occasions de changement liées à la confrontation à l’extraordinaire, mais une émergence spirituelle est graduelle, intégrative et discrète sur le plan énergétique (comme un micro-voltage), alors qu’une urgence spirituelle est une effraction et un déferlement qui débordent les capacités du sujet : soudain confronté à un « macro-voltage », il éprouve la terreur de sombrer dans la folie ou la mort. Accompagner cette émergence soudaine consiste à l’aider à se déployer tout en la contenant (et non à la traiter abusivement, donc à l’abraser.)

Il est tellement plus heureux de voir la maladie psychique sous cet angle,et comme dit Ahmed qui m'inspire ce billet,c'est peut-être l'avenir de l'homme.Plus nous accepterons nos maladies comme expressions de nos corps malheureux, plus nous approcherons de leurs guérisons .Un jour, si l'humanité daigne regarder ses malades mentaux autrement ,elle découvrira peut-être des êtres hors du commun capable d'apporter une nouvelle évolution ou révolution cérébrale.Nous avons des possibilités psychiques que nous ne maitrisons pas certes,mais qui un jour risquent de l'être.Le pouvoir de nos esprits déborde en tous sens,et nous fait perdre pied sans doute parce qu'il manipule la matière vivante, mais il est bien présent,son seul tort est de ne travailler que pour nous mêmes.Si nous étions capable de le laisser s'épanouir sans perdre de vue la raison commune, alors, il se pourrait que l'humanité avance à grand pas.







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